Mai 252016
 

cbeEditorial de la Présidente Mai 2016

le 22 mai 2016, la fameuse bataille de Ballon a été commémorée à Bains -sur- Oust près de Redon. « Fameuse » ? Hélas, connue seulement de quelques initiés à l’histoire de Bretagne, car enfin, combien de Bretons connaissent l’existence de cette victoire du premier roi breton, Nominoë, contre les troupes franques du roi carolingien Charles Le Chauve, le 22 novembre 845 ? Cette victoire a donné au territoire breton non seulement son indépendance mais aussi ses frontières naturelles (Bretagne réunifiée).

L’Europe, l’unité dans la diversité

Force est de constater malheureusement que les jeunes sont rarement présents aux cérémonies commémoratives des temps forts de l’histoire de Bretagne. Et pour cause, l’histoire de Bretagne n’est pas enseignée à l’école. Alors comment s’y intéresser ? Bien entendu, il y va de la responsabilité de chacun car les ouvrages d’histoire bretonne sont fort nombreux et la plupart du temps d’excellente qualité. Cependant, on le sait, pour être intéressé (sans même parler d’être passionné) il faut souvent être initié. Or, du fait d’un État français ultra centralisateur, l’Éducation nationale n’a pas vocation à enseigner les spécificités des territoires. C’est un tout profondément nationalisé qui est proposé aux élèves de collège et de lycée. Ceci dans le but de susciter l’union autour d’un projet de vie commun, et celui-ci, en France, ne peut donc s’envisager que comme unique et indivisible. L’ enseignement de l’histoire est par conséquent intrinsèquement politique, au même titre que l’enseignement moral et civique… Pourtant, lorsque l’Union Européenne est étudiée en classe elle est souvent envisagée, elle, comme riche car diverse. Ainsi, des chapitres de manuels scolaires titrent : « l’Europe, l’unité dans la diversité ». Cette définition de l’Europe est donc présentée comme positive. L’État ferait bien de s’inspirer de cette devise européenne au risque de voir la société française se déliter encore davantage…

Un Inspecteur d’histoire

Un inspecteur d’histoire a rappelé récemment que les professeurs ont toute latitude pour utiliser les exemples dans le cadre breton en histoire et en géographie, mais uniquement pour construire les apprentissages conformes au programme national. Il ne s’agit donc pas d’enseigner l’histoire régionale… Nul n’est surpris. Ce qui est surprenant en revanche, c’est de constater que trop peu d’enseignants de collège et de lycée utilisent justement les ressources et exemples de l’histoire de Bretagne afin de faire comprendre aux élèves des concepts généraux tels que la féodalité par exemple (programme d’histoire en classe de 5ème). Par ailleurs, ce même programme de 5ème, mais cette fois en géographie, est consacré essentiellement au développement durable. Or, pour respecter son environnement il faut l’aimer. Et pour aimer, il faut connaître. Ainsi, en géographie comme en histoire il est important de se référer au local. Comment comprendre par exemple les circuits courts dans le cadre du développement durable si on ne connaît pas la géographie bretonne ? Hélas, certains professeurs d’histoire et de géographie méconnaissent l’espace régional dans lequel ils enseignent, du fait de leur recrutement national, mais aussi à cause de leur formation universitaire. A eux cependant de prendre leurs responsabilités et de se cultiver pour transmettre. A eux également de s’organiser afin de mettre en place des moments de formation sans forcément passer par des formations académiques.

L’enseignement de l’histoire et de la géographie bretonnes

L’enseignement de l’histoire et de la géographie bretonnes n’est pas seulement une manière d’éveiller les jeunes au milieu qui les entoure. C’est aussi faire acte d’objectivité que de leur rappeler que la Bretagne fut pendant sept siècles un État indépendant. Cette nécessaire objectivité historique et l’éveil des jeunes à leur milieu ambiant, leur responsabilisation, sont des enjeux civiques cruciaux en ce début du XXIème siècle si tourmenté.

Caroline Ollivro

Présidente Breizh Europa

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