Août 212016
 

Breizh Europa œuvre depuis l’automne 2013 pour l’autonomie des régions européennes et l’avènement d’une Europe fédérale. D’autres mouvements bretons ou européens militent pour une indépendance de leur territoire.

Breizh Europa Talamoni indépendance

Jean-Guy Talamoni Photo Franceinfo.fr

En Corse comme en Bretagne, autonomistes et indépendantistes ont une même vision de l’avenir de l’Europe

Jean-Guy Talamoni, Président de l’Assemblée de Corse déclare dans son discours du 8 août dernier que la Corse n’est pas un morceau du territoire français mais bien un pays où vit le peuple corse. Et que son objectif avant les prochaines élections régionales est de « faire plier Paris », c’est-à-dire que l’Etat français accorde l’indépendance à l’île de beauté. Nous lui souhaitons bonne chance et espérons que l’objectif sera atteint rapidement puisque il s’agit d’une revendication de plus en plus plébiscitée par le peuple corse.

Les dernières élections régionales de décembre 2015, qui ont amené les indépendantistes et les autonomistes au pouvoir dans l’île, ont été analysées avec crainte de Paris mais avec enthousiasme chez les militants de l’indépendance, de l’autonomie ou de la décentralisation poussée dans toutes les régions de l’Hexagone.

C’est pourquoi ce qui se passe en Corse, mais aussi en Catalogne ou encore en Écosse, nous concerne

En effet, s’il existe des différences d’analyses et de stratégies entre autonomistes et indépendantistes dans telle ou telle région, il n’en reste pas moins que tout ce qui remettra en cause cette omnipotence centraliste française ne peut que faire aller les choses dans le bon sens. D’ailleurs, plus tard, la définition d’autonomie ou d’indépendance se mesurera à l’aune des rapports que les régions émancipées entretiendront avec Bruxelles plutôt qu’avec leurs anciennes capitales de tutelles. Il est donc clair que si une région veut son autonomie dans une Europe fédérale, elle devra d’abord acquérir la plus grande indépendance possible par rapport à son actuelle capitale de tutelle. C’est pourquoi ce qui se passe en Corse, mais aussi en Catalogne ou encore en Écosse, concerne tous les Bretons convaincus que l’avenir de la Bretagne doit se décider essentiellement depuis son territoire.

Nous partageons donc avec Jean-Guy Talamoni l’idée que l’indépendance ou l’autonomie des régions aujourd’hui incluses dans des États-nations, sera facilitée par une évolution vers l’Europe fédérale. Et, comme lui, nous rappelons que cette Europe de demain devra être très sensiblement différente de ce qu’elle est aujourd’hui.

Le discours du 8 août de Jean-Guy Talamoni

Le discours du 8 août de Jean-Guy Talamoni sur le sujet est d’ailleurs emblématique et d’une certaine manière fondateur pour tous les autonomistes et indépendantistes de l’Hexagone et de toute l’Europe. Cette Europe souhaitée par le leader corse, plus humaine, où la finance sera remise à sa juste place, cette Europe plus attentive au destin de tous les habitants du continent, à leurs langues, leurs cultures, est bien celle que défend notre mouvement.

Nous n’oublions pas non plus que la Corse a une histoire particulière, puisqu’elle a été incluse dans la France plus récemment que la Bretagne, (18ème siècle pour la Corse, 16ème pour la Bretagne) et qu’elle a également une spécificité géographique insulaire. C’est pourquoi le laboratoire à idées qu’est devenue cette île nous intéresse au plus haut point, car la spécificité corse peut jouer comme un puissant accélérateur.

Nous devrons cependant de notre côté tenir compte des spécificités bretonnes dans notre démarche. Ainsi, le débat entre indépendance ou autonomie ne doit pas faire oublier que c’est d’abord la prise en main de leur destin par les Bretons qui nous motive, dans cette Europe de demain, que nous espérons enfin fidèle à sa devise « unie dans la diversité ».

Caroline Ollivro
Présidente Breizh Europa

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